Installation non invasive de Xubuntu 26.04 sur PC préinstallé W10 ou W11

La démo présentée ici va montrer comment installer un système Linux à côté d’un Windows 10 ou 11 préinstallé, dans l’optique d’une éventuelle évolution aisée à court ou moyen terme, selon qu’on voudra garder les deux systèmes ou seulement l’un d’entre eux.

Par conséquent, toute cette démo sera réalisée en mode EFI, puisque c’est celui appliqué sur l’ensemble du parc des machines modernes.

L’idée est de proposer un type d’installation qui puisse être facilement rectifié par l’utilisateur selon l’expérience qu’il aura eue avec ce nouvel OS.

On pourra me faire remarquer qu’on pourrait réaliser cette expérience sur une machine virtuelle, mais beaucoup d’utilisateurs de PC semblent être peu à l’aise avec cette technologie, et si on le faisait, on ne saurait pas vraiment comment se comporte le Linux choisi avec le matériel propre au PC réellement utilisé.

Le choix de Xubuntu 26.04 est dû à sa relative légèreté, mais surtout au fait qu’il utilise l’installateur Subiquity, lequel devrait vraisemblablement être bientôt utilisé sur toutes les dérivées, dont Mint.

A. La phase d’installation

1. La préparation de l’installation

Point de départ : un Windows installé sur une partition unique. A noter qu’il tient ici sur deux partitions : une partition efi de 150 Mo (sur laquelle sont installés les fichiers de démarrage de Ws), et le volume C que tout le monde connaît. Un vrai PC en présenterait une de plus au moins, la partition de restauration, voire un volume D ou autre.

depart

On va tout simplement commencer par libérer de l’espace sur le volume C (ou D si on en a un) pour que notre Xubuntu puisse trouver où s’installer. Une centaine de Go est raisonnable pour une utilisation quotidienne, mais pour cette démo, je vais me limiter à 15 Go, ce qui est suffisant pour un simple essai.

Le gestionnaire de disques de Windows sera l’outil le plus simple pour effectuer cette première manipulation : un clic droit sur la partition à réduire, on choisit la taille désirée et on valide.

shrink-C

Le résultat est le suivant :

shrink-result

C’est tout pour Windows. Dès lors, on va pouvoir redémarrer sur sa clé d’installation, en l’occurrence une Xubuntu 26.04 réalisée avec le logiciel Rufus, l’application la plus connue et le plus documentée pour le faire.

2. Démarrage de l’installation et préalables indispensables.

On insère la clé USB, on règle son bios pour démarrer dessus (les informations en bas de l’écran au démarrage du PC indiquent en principe comment s’y prendre selon la marque et le modèle). On devrait logiquement aboutir à cet écran sur lequel on choisit Try or Install Xubuntu.

grub-live

Le programme se lance, jusqu’à l’affichage d’un bureau.

xub-live

L’idée est de mener une installation totalement indépendante de Windows, un peu comme si on utilisait un autre disque dur ou un autre SSD (la procédure serait d’ailleurs la même). On va donc préparer le terrain pour rendre les deux systèmes totalement indépendants l’un de l’autre.

On va donc aller chercher dans le menu, en haut à gauche l’application « Gparted » qu’on va trouver dans l’onglet système.

gparted1

Et on l’exécute. Il devrait nous afficher une fenêtre proche de celle-ci. Nos deux partitions initiales y sont présentes, la partition EFI et la partition NTFS sur laquelle se trouve Windows. Sur l’espace « unallocated », nous allons cliquer droit pour créer une première partition de 150 Mo environ, que nous allons formater en fat32 et cliquer sur add.

gparted2

Même opération sur l’espace restant, mais cette fois, en créant une partition utilisant tout l’espace et formatée en ext4.

gparted3

On valide la création des partitions en cliquant sur l’icône verte en forme de V, puis « Apply » dans  la fenêtre qui s’est ouverte. On clique sur « close » quand l’opération est arrivée à son terme.

gparted4

Il nous reste deux dernières choses à faire avant de quitter Gparted. Pour être assurés que le système installe ses fichiers de démarrage au bon endroit, on va retirer les drapeaux boot et esp de la partition efi en fat32 initiale (sda1), puis  les ajouter sur celle qu’on vient de créer (sda3). Tout se passe par clic droit suivi de « manage flags« , ce qui donne comme résultat.

gparted5

Il est temps de refermer gparted et de cliquer sur l’icône de bureau nous invitant à commencer l’installation.

3. Installation de notre Xubuntu

Le programme se lance, en proposant de choisir (pas de capture, ici, puisque tout est proposé par défaut):

  • la langue du système, puis celle du clavier,
  • puis invite à procéder à une connexion (filaire ou wifi selon sa situation,
  • un type d’installation (on reste sur interactive),
  • une installation minimale ou desktop (plutôt desktop si on veut les applications de base),
  • l’installation des codecs et des pilotes (on coche les deux)
  • et enfin, le mode d’installation : on va opter pour le partitionnement manuel, puisqu’on veut quelque chose de personnalisé.

partition1

On va retrouver la même structure qu’on avait dans gparted, mais présentée verticalement. On peut voir que la seconde partition vfat a été dotée automatiquement du point de montage /boot/efi. C’est parfait.

partition2

Nous allons donc nous occuper uniquement de la partition ext4 en la sélectionnant, puis en pressant sur le bouton « changer« .

On va lui attribuer le point de montage / en cliquant simplement sur la zone de saisie.

partition3

On valide par OK, ce qui conduit à ce résultat :

partition4

Après s’être assuré que le périphérique d’amorçage est bien dirigé sur notre disque (sda dans mon cas), on peut procéder à la suite de l’installation en cliquant sur « suivant« . On crée un utilisateur, on lui attribue un mot de passe, on laisse cochée (ou pas) la demande de MP à l’ouverture de session, et on poursuit.

user

Après avoir choisi son fuseau horaire, et présenté un résumé de nos choix, Subiquity lance l’installation après qu’on a cliqué sur « installer« .

resume

Et là, on laisse les choses se faire.

4. Important avant de redémarrer

L’installation achevée, on nous propose de redémarrer ou de continuer à tester. C’est ce dernier choix que nous allons privilégier, car il nous reste une chose essentielle à faire : redonner à la première partition fat32 (sda1) ses drapeaux esp et boot. Si nous oublions cette étape, notre Windows ne saura probablement plus comment démarrer tout seul.

On exécute donc à nouveau gparted, et on ajoute à la première partition en fat32 (sda1) ces deux drapeaux, ce qui signifie que nous allons avoir désormais 2 partitions EFI sur notre disque : une pour Windows et une pour Linux. Les fichiers de démarrage seront donc totalement indépendants.

gpartedfinal

On peut même vérifier par un petit efibootmgr que nous allons bien démarrer sur Linux

efibootmgr

5. Tests réalisés au redémarrage de la machine

Malheureusement, au redémarrage, le démarrage se fait directement sur Ubuntu sans qu’un choix soit proposé. Windows n’a pas été pris en compte bien qu’il soit là. Il va être nécessaire de forcer sa détection par grub, le lanceur des deux systèmes. On va ouvrir le fichier de configuration avec l’éditeur de texte de Xfce (mousepad) depuis un terminal via la commande

sudo mousepad /etc/default/grub 

pour modifier une des options :

GRUB_TIMEOUT_STYLE=hidden

pour lui préférer

GRUB_TIMEOUT_STYLE=menu

Mais on va également retirer le dièse (#) devant la ligne :

GRUB_DISABLE_OS_PROBER=false

hiddenmenu

On n’oublie pas d’enregistrer les modifications apportées au fichier, avant de valider l’opération en mettant à jour par la commande

sudo update-grub

qui va détecter la présence de Windows et mettre grub à jour :

update-grub

Tout est prêt pour notre dual-boot. Il ne reste plus qu’à démarrer pour tester:

grubfinal

On obtient bien un menu de démarrage opérationnel avec Ubuntu et Windows. Les deux OS se lancent parfaitement.

6. Vérification depuis Windows

Le gestionnaire de disques de Windows nous montre bien que nous avons deux partitions efi sur le même disque dur.

deuxefi

Et si on assigne une lettre à chaque partition efi (W pour Windows et L pour Linux), on constate par un dir que chacune contient les fichiers de démarrage d’un seul et unique système.

dir

B. Les trois suites possibles

1. On est satisfait de son double démarrage

Pour le coup, on laisse tel quel. Les deux systèmes vont cohabiter sans problème.

2. On n’est pas satisfait de son Linux

Depuis l’invite de commandes de Windows, en mode admin  (car une partition efi résiste au gestionnaire de disques), on supprime via diskpart les deux partitions qu’on a créées pour récupérer l’espace et le réaffecter à son son C (ou son D).

Rem : des applications Windows comme Aoméi font également ça très  bien.

diskpart
sel disk 0
list part
sel part 3
del part override
sel part 4
del part
exit

Ce qui donne concrètement :
delubuntu

Puis on s’assure que l’entrée Ubuntu a été supprimée en NVRAM (ça a été automatique chez moi) pour retrouver son Windows comme à l’origine. On peut le faire depuis le bios ou depuis une application (gratuite) telle que bootice :

bootice

3. On en a marre de Windows

Si, au contraire, on en a marre de Windows, on supprime depuis gparted (soit depuis le live-USB, soit après l’avoir installé) toutes les partitions originelles de Windows. On obtient à peu près ceci :

gparteddel

On récupère l’espace libre pour créer une partition de données ou pour déplacer celles nécessaires à Linux (depuis un LiveUSB obligatoirement pour ce second choix):

gparteddel2

On peut enfin supprimer l’entrée de Windows Boot Manager en Nvram depuis le bios ou depuis son Linux par la commande qui suit  (le 5 correspond au numéro attribué à WBM dans mon PC virtuel) :

 sudo efibootmgr -B -b 5

efibootmgr-del

Rem : le résultat n’est pas visible car je n’ai pas vraiment supprimé ce dual-boot. Ce Tiny W10 peut encore m’être utile.

On n’oubliera pas de rétablir les options de grub comme à l’origine (Cf. point I,6) en remettant hidden à la place de menu si on ne veut plus que grub apparaisse au démarrage.