Installer Xubuntu en disque virtuel sans formatage

Le format de disque virtuel LVM (Logical Virtual Manager) est proposé par défaut à l’installation d’Ubuntu et de ses dérivées. On le néglige souvent pour lui préférer le partitionnement traditionnel. Néanmoins, il offre des avantages non négligeables, tant en termes d’extensibilité et de manipulation des volumes.

I. Quelques rappels théoriques.

Le format LVM repose sur des « volumes logiques« , répartition souple et dynamique qui offre à l’utilisateur la possibilité de ne pas se préoccuper des limitations de taille de telle ou telle partition, car il peut l’augmenter quasi à l’infini en ajoutant des disques secondaires. Un exemple par l’image :

 

Theorie

On distingue trois « niveaux » :

  1. Les ou les volumes physiques. Ce sont les partitions physiques, voire les disques durs, représentés ici en bleu. On les repère par convention par le préfixe pv.
  2. Le (ou les) groupe(s) de volumes : ce sont des sortes de « paquets » dans lesquels seront inscrits les volumes logiques. Ici, un seul groupe est représenté en vert. On le repère par le préfixe vg.
  3. Les volumes logiques. Ce sont nos espaces utilisables, pour y placer nos fichiers (le root, notre home, ou nos autres fichiers, selon notre souhait. Le préfixe est lv.

Plus de détails ici :

 II. Le problème de l’installation avec LVM

Pour être plus concret, on va tenter une installation d’une Xubuntu 16.04 en utilisant l’option LVM.

1) Démarrage sur le live-cd

On choisit un démarrage en mode UEFI (mais le mode Legacy conviendrait également). On rencontre le traditionnel menu Grub en noir et blanc, qui garantit que le boot se fait en UEFI.

grub-install

On va choisir « Try Ubuntu without installing« , ce qui permet de vérifier que le PC supporte bien cette version de Linux. Une fois le bureau obtenu, on passe notre Live-cd en français, soit en mode graphique, comme sur l’image suivante, soit à partir d’un terminal.

keyboard

ou bien la commande setxkbmap fr, tapée en qwerty comme ceci :

setxkb,qp fr

2. Lancement de l’installation

Une fois tout vérifié, on lance l’installation, en suivant les consignes jusqu’à la fenêtre de partitionnement. On nous propose ceci :

lvm-format

Et là, on rencontre un problème. L’option LVM n’est accessible que si on efface intégralement le disque. Si on veut un Linux seul sur notre machine, on pourra choisir cette option, mais en cas de dual-boot avec Windows, c’est bien entendu à proscrire. On perdrait notre Windows.

A noter que l’option « autre chose » nous propose un partitionnement traditionnel, et donc, plus de LVM. Je n’ai pas mis d’image car on retrouve le partitionnement habituel d’Ubuntu. Il va donc falloir opérer autrement pour ne pas tout formater.

II. Préparer le partitionnement LVM

1. Partitionnement avec gparted.

Toujours depuis le live-cd, on va commencer à préparer notre disque dur (je n’en utilise qu’un seul pour la démo) avec gparted afin de faire comprendre à l’installateur qu’on ne veut pas formater le disque. La situation de départ est la suivante:

createlvm2

Le disque contient deux partitions préexistantes (encadrées en vert) qui « simulent » un Windows préinstallé.

  • /dev/sda1 : c’est la partition efi (en fat32), indispensable au boot de Windows.
  • /dev/sda2 : c’est la partition Windows (ici appelée Winre), en NTFS et qui contient le système.
  • Un espace de 9,40 Gb est libre, et c’est ici qu’on installe notre partition LVM.

On choisit d’ajouter une partition primaire, mais on choisit un formatage en LMV2 pv  (encadrement en marron) pour faire comprendre à l’installateur que le « physical volume » va héberger des volumes logiques. On valide tout ça en appliquant les modifications.

2) Création du groupe de volumes et des volumes physiques

Il va falloir utiliser un terminal. Les outils de commandes LVM2 étant préinstallés sur Ubuntu, on n’aura pas besoin d’installer quoi que ce soit.

  • On crée notre « volume physique » à partir de la partition /dev/sda3 qui vient d’être créée.
sudo pvcreate /dev/sda3
Physical volume "/dev/sda3" successfully created
  • On crée un groupe de volumes appelé xubuntu-vg sur /dev/sda3
sudo vgcreate xubuntu-vg /dev/sda3
Volume group "xubuntu-vg" successfully created
  • Enfin, nous créons nos volumes logiques. Pour la démo, on se limite à deux : un swap et un root.
sudo lvcreate  -n swap -L 500m xubuntu-vg
Logical volume "swap" created

sudo lvcreate  -n root -l 100%FREE xubuntu-vg
Logical volume "root" created

J’ai attribué 500 Mb au Swap, et le reste au root. Quelques précisions sur les options : -n signifie « name », -L signifie « size », et -l signifie « extents » en pourcentage. On peut connaître les commandes LVM très facilement pour chaque niveau (PV, VG ou LV) en cherchant sur Internet ou en tapant :

man -k ^pv
man -k ^vg
man -k ^lv

Ce qui donne en visuel :
creerlvm

3. Installation de Xubuntu.

On relance l’installation, comme on l’avait fait initialement, mais cette fois, on va choisir l’option « autre chose« . Nos volumes virtuels sont cette fois proposés dans les options de partitionnement :

résultats-lv-

Via la  touche « modifier », j’ai attribué

  • le point de montage / à /dev/mapper/xubuntu-vg-root formatée en ext4.
  • le statut swap à /dev/mapper/xubuntu-vg-swap non formatée.
  • le statut de partition efi à /dev/sda1

Il ne reste plus qu’à passer à « installer maintenant » pour que l’installation se fasse. Le dual-boot Windows /Xubuntu en LVM sera opérationnel. Il ne restera plus qu’à gérer les volumes logiques, ce qui sera l’objet d’une autre démo.