Il peut arriver que, par erreur, on efface une partition dont on réalise qu’elle était essentielle, soit parce qu’elle contenait des données, soit parce qu’elle contenait un système d’exploitation qu’on regrette aussitôt qu’il a été supprimé.
C’est ce que j’ai fait dans ce sujet au point B, partie 2 : j’ai supprimé (pour la démo) une Xubuntu 26.04 que je venais d’installer. On va voir si on peut la récupérer.
Initialement, on avait deux OS comme le montre cette image. Une fois mon Linux supprimé, on avait obtenu cette autre situation.
On va voir si une récupération s’avère possible. Pour cela, je vais utiliser une application assez austère, mais très puissante nommée testdisk.
Première chose à faire démarrer sur un outil permettant d’exécuter testdisk. On pourrait le faire depuis Windows, comme l’indique la documentation officielle, mais je vais le faire depuis une clé d’installation de Xubuntu 26.04 que j’ai sous la main, parce que je trouve que c’est finalement plus simple.
1. La phase d’installation de testdisk
Je l’ai documentée il y a quelques années ici, mais on va reprendre la procédure de A à Z.
On démarre sur la clé Xubuntu, et une fois sur le bureau, on commence par connecter le PC à Internet, soit en filaire, soit pas Wifi. Dans mon cas, le PC est connecté en Ethernet, donc je n’ai rien à faire.
Première opération, lancer un terminal pour passer le clavier en français et installer testdisk, ce qui se fait sans aucune difficulté.
setxkbmap fr sudo apt install testdisk
Puisqu’on a un terminal ouvert, autant faire un point sur l’état du disque et des partitions :
sudo fdisk -l |grep -E "sd|typ"
2. Exécution de testdisk et récupération des partitions
On lance testdisk par un « sudo testdisk« , une fenêtre s’ouvre dans laquelle on choisit « no-log » pour aboutir à un affichage des disques présents dans la machine. On le sélectionne, puis on valide par « proceed ».
Rem : tout se fait avec le clavier, testdisk étant une application en mode texte.
Notre disque étant au format gpt, on choisit la ligne « EFI GPT » dans la nouvelle fenêtre ouverte. On valide par « entrée« .
Fenêtre suivante, « analyse » et « entrée » pour aboutir à cet écran qui confirme notre fdisk initial. Deux partitions principales sont identifiées. « Quick search » étant déjà sélectionné, on le valide par « entrée ».
Si notre table de partitions n’est pas HS, nos partitions perdues devraient apparaître comme ci-dessous. On prend le temps de bien vérifier que les secteurs de début et de fin sont cohérents et ne se chevauchent pas. En cas contraire, il faudra éliminer les partitions incohérentes avec les flèches gauche et droite de sorte que la lettre P (principale) soit remplacée par D (Delete). Pour l’exemple, j’élimine (provisoirement) la 3e partition pour qu’on puisse voir ce que ça donne :

On peut donc continuer en sélectionnant « entrée » (j’ai rétabli la récupération de la partition 3 dans l’intervalle). Tout étant visiblement correct, on n’a plus qu’à lancer la réécriture de la table de partition par « write« , ce qu’on confirme par « y » dans la fenêtre suivante.
L’application m’invite à redémarrer pour que l’opération soit validée. On la quitte en tapant « q » plusieurs fois et on redémarre.
3. Redémarrage et vérification
Mon PC-virtuel étant initialement constitué d’un dual-boot dont j’ai supprimé l’entrée Ubuntu en NVram, c’est Windows qui démarre directement. Vérifions que les partitions ont été retrouvées :
Elles sont bel et bien présentes :
Si nos partitions contenaient de simples données, nous pourrions nous arrêter ici.
4. Rétablissement du dual-boot en NVram
En supplément, comme je souhaite retrouver mon dual-boot fonctionnel, je vais recréer une entrée Ubuntu en Nvram avec la version gratuite d’easyuefi : je choisis « gérer les options de démarrage » dans la première fenêtre pour aboutir à ceci :
Remarque : on pourrait le faire aussi depuis le bios, voire depuis un live USB Linux en réinstallant carrément grub sur la partition efi montée.
Je choisis de créer une nouvelle entrée « Linux » que je décris comme étant « Xubuntu » et je vais chercher le fichier shimx64.efi dans le dossier ubuntu.
Je valide quand c’est bon. Mon entrée Xubuntu étant en fin de liste, je la fais remonter en première position pour que le PC boote dessus :
Il ne reste qu’à redémarrer pour obtenir un grub…
Si tout s’est bien passé, notre Linux perdu va se lancer correctement.











